TÉMOIGNAGES
SUR
LE PÈRE
JUAN G. ARINTERO
ORAISON FUNÈBRE DU P. ARINTERO (2)
Par le P. G. Alonso Getino, o. p.
La vertu héroïque ne doit pas seulement être contemplée chez les saints anciens ; il est nécessaire de la voir se cristalliser chez des personnes proches de nous, afin d'être certains que là où l'homme répond à la grâce, la vertu s'épanouit extraordinairement, sans différence de temps ni de climat ; afin que nous puissions toucher du doigt la sainteté de l'Église d'aujourd'hui, comme nous reconnaissons celle de l'époque des anciens martyrs.
Nous rendons hommage au Père Arintero non pas tant pour sa sagesse, qui était immense, que pour sa vertu sublime. La science n'est pas quelque chose que tout le monde peut imiter, car elle exige des qualités intellectuelles particulières et des conditions de vie particulières, consacrées à l'étude. La vertu, bien que plus importante et plus divine, est à la portée de tous ceux qui veulent correspondre aux inspirations du Seigneur, qui nous appelle clairement par ses invitations.
Vous savez tous que le Père Arintero a toujours vécu dans une grande pauvreté, donnant ainsi l'exemple non seulement aux religieux qui la professent, mais aussi aux laïcs qui ont besoin d'un esprit de sobriété dans leurs dépenses, afin de ne jamais se créer des besoins qu'ils ne peuvent satisfaire, car cela provoque surtout la misère et crée des nécessités et des désespérés. Soyez sobres, comme lui, austères et ennemis du superflu et du luxe, et vous verrez que vous ne manquerez de rien et que vous n'aurez pas d'ambitions inutiles.
Le père Arintero était assidu à profiter du temps, un travailleur hors pair, un esclave de l'ordre et de la méthode. Si vous voulez que vos affaires marchent bien, levez-vous tôt pour aller travailler, soyez constants, tenaces et ordonnés dans la lutte que la vie impose de mener ; et dans votre catégorie, peu vous dépasseront.
Ces dernières années, le Père Arintero était complètement dévoué à Dieu, il parlait toujours de lui, il écrivait sur lui et son union avec le Seigneur et celle de tous ceux qu'il côtoyait était la préoccupation constante de sa vie.
L'une des choses qui l'impatientaient le plus et le mettaient le plus hors de lui était que quelqu'un soutienne que nous n’étions pas tous appelés à suivre les voies mystiques ou celles de l'union avec notre Créateur. Vous, mes frères, vous pouvez tous regarder Dieu au milieu de vos soucis et les sanctifier en les lui offrant et en veillant à ce qu'ils ne soient pas souillés par la vapeur des passions pestilentielles. Vous pouvez tous imiter en cela la vie de ce bon religieux.
Ainsi, vous le suivrez également dans la mort, qu'il a vue venir pas à pas, sans broncher, sans se laisser déconcerter, prenant tous les moyens pour que les affaires spirituelles qui étaient entre ses mains n’en soient pas affectées. Sa maladie fut une prière constante, ses douleurs servirent à donner un exemple de la conformité de sa volonté et même de joie à tous ses frères, sa modestie, sa piété, jusqu'au dernier moment, ressemblèrent davantage à celles d'un ange qu'à celles d'un homme.
C'est ce que nous voulons glorifier ici : ses vertus, surtout pendant ses dernières années, au cours desquelles on le voyait extraordinairement amélioré, élevé, divinisé. Vous vous souviendrez tous de sa simplicité, de sa charité, de son amour de la paix, et il n'y a personne dans cette montagne, parmi ceux qui l'ont côtoyé, qui n'ait en souvenir un bon conseil et un sourire aimable.
Je pense également que cet hommage est bien adapté dans ces montagnes de León berceau du Père Arintero (qui fait leur gloire, celle de toute la province et celle de l'Espagne tout entière), car il aimait beaucoup sa terre et la bénira du ciel, où nous croyons qu'il jouit déjà de la présence du Seigneur, il nous bénira tous, qui nous sommes réunis ici pour célébrer nos gloires.
Il est temps à présent que le peuple de ces montagnes se rassemble pour d’autres événements similaires, avec générosité, en regardant avec une sainte fierté, avec satisfaction, la prospérité de ceux qui sortent de ces nids d'aigles et qui, tels des aigles, s'envolent vers le domaine des sciences, vers le monde des affaires économiques, ou vers le domaine, ouvert à tous et fertile pour tous, de la vertu.
Nous célébrons aujourd'hui le P. Arintero, par dessus tout, pour avoir brillé en ce domaine comme un phare splendide, en espérant que cette charité qui l'animait nous rassemble tous dans une paix perpétuelle, qui est le signe que nous vivons dans le Seigneur, et le présage que nous mourrons heureusement en LUI, car nos œuvres nous suivront.
Lugueros
ARINTERIANA
Paris - France | 2026 | Tous droits réservés
Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
« Vous qui êtes ici, dites un Pater à mon profit.
Pour moi ferez beaucoup et vous n’y perdrez mie. »
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