L'INFLUENCE DE MARIE DANS LA SANCTIFICATION DES ÂMES (2)
Dans la mesure où elle est la préférée du Seigneur, notre Reine et notre Corédemptrice, elle est aussi notre Médiatrice universelle auprès de Lui. Nous devons toujours recourir à elle afin que, passant par ses mains bénies, nos pauvres offrandes soient acceptées en la présence de Dieu et que nos prières soient bien exaucées. C'est ainsi que nous devons l'invoquer à maintes reprises en lui disant avec le bienheureux Henri Suso : « Ô Épouse choisie de Dieu (…), notre illustre Souveraine, Reine du ciel et de la terre : vous êtes la porte de la miséricorde, toujours ouverte et jamais fermée à personne ; tout l'univers périrait avant que vous refusiez votre aide à celui qui l'implore du fond de son cœur. Ainsi, le matin, à mon réveil et le soir, au moment de me coucher, vous êtes la première que mon âme invoque, car je sais que tout ce que vos mains très pures offrent et recommandent à Dieu lui plaira et sera précieux à ses yeux, même si cela ne vaut rien en soi. Prenez donc mes œuvres, mes pensées, mes affections, mon corps, mon âme et toute ma vie : présentez-les à Dieu comme votre propriété, et je serai heureux ».
4] Des symboles agricologiques (pp. 203-206)
Marie nous est de la sorte présentée tantôt comme « un jardin fermé et une source scellée », car elle est véritablement « toute à son Bien-Aimé, qui se repose parmi les lys » ; tantôt comme la « source des jardins et le puits d'eaux vives », car telle est l'abondance des grâces dont elle regorge, qu'elle arrose avec elles toute la Chrétienté et tout particulièrement les cœurs qui s'approchent d’elle. Ainsi, tout ce qu'Elle produit et fait produire est un paradis de délices, avec toutes sortes de fruits et de plantes précieuses (Cant., 4,12-15). Elle est le mystérieux « arbre de vie, qui se trouve dans le paradis divin » et dont se nourriront les vainqueurs (Apoc., 2, 7). C'est le seul lys qui ait poussé pur et intacte parmi les épines du péché originel qui accompagne les autres fleurs (Cant., 2, 2). Elle est enfin la Rose mystique, dont la beauté et le parfum captivent et enchantent plus que ceux de toutes les autres fleurs, et dont les pétales - déployées dans le Saint Rosaire - sont, comme celles de l'arbre de vie (Apoc., 22, 2), le salut des peuples.
« Pour ma part, disait le Bienheureux Montfort (Amour de la Sagesse Éternelle), je n'ai rien trouvé de plus puissant pour faire entrer en nous le royaume de Dieu, la Sagesse éternelle, que d'unir la prière mentale à la prière vocale, en récitant le Saint Rosaire et en méditant les quinze mystères qu'il renferme ».
Dans un autre ouvrage (Le Secret admirable du très Saint Rosaire), il s'exclame : « Oh! qu'un prêtre et un directeur des âmes est heureux, à qui le Saint-Esprit a révélé ce secret inconnu de la plus grande partie des hommes ou qui ne le connaissent que superficiellement ! S'il en reçoit la connaissance pratique, il le récitera tous les jours et le fera réciter aux autres. Dieu et sa sainte Mère verseront abondamment la grâce en son âme pour être un instrument de sa gloire et il fera plus de fruit par sa parole, quoique simple, en un mois, que les autres prédicateurs en plusieurs années ».
« Croyez-moi, ajoute-t-il, (…) voulez-vous arriver à un haut degré d'oraison sans pourtant l'affecter et sans tomber dans les illusions du démon si ordinaires aux personnes d'oraison, dites tous les jours, si vous pouvez, votre Rosaire entier ou du moins le chapelet » (n° 78). - C’est là, prévient-il dans l'un de ses Cantiques, un secret admirable pour atteindre la perfection.
Marie, « à la ressemblance de la vigne, a fait fructifier le doux parfum » du Christ, qui attire, captive et séduit tant les âmes pures (Cant., 1, 2). « Toutes ses fleurs sont des fruits d'honneur et d’honnêteté. Ceux qui en mangent ont chaque fois davantage faim de sainteté. Elle est comme le bel olivier des champs », d’où coule l'huile mystique de la dévotion, de la piété et de la charité, de la paix, de la bienveillance et de la pure joie, avec les autres fruits du Saint-Esprit, que symbolise cette huile.
Ainsi, « elle s'enracine dans le peuple élu et fleurit dans la plénitude des saints. Elle est comme le cèdre poussant au Liban — c'est-à-dire parmi les âmes blanches par leur innocence et élevées par leur vertu et leur sainteté —, comme le cyprès sur le mont Sion, comme le palmier à Cades, comme les rosiers plantés à Jéricho, et aussi comme le platane poussant près des eaux — qui sont les courants de la grâce — ou faisant de l'ombre sur les places (pour le rafraîchissement de ceux qui négocient avec les talents divins). À la ressemblance du térébinthe, elle étend ses branches d’honneur et de grâce ». Enfin, « comme le cinnamome, le baume et la myrrhe choisie et tous les parfums les plus riches, elle exhale un parfum très doux et embaume le cœur où il demeure » et le préserve de toute corruption (Eccli., 24, 16-29).
Ainsi, « quand Marie a jeté ses racines dans une âme, elle y produit des merveilles de grâces qu'elle seule peut produire (…). La formation et l'éducation des grands saints qui seront sur la fin du monde lui est réservée ; car il n'y a que cette Vierge singulière et miraculeuse qui peut produire, en union du Saint-Esprit, les choses singulières et extraordinaires (n° 35). (…) Une des grandes raisons pourquoi le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des merveilles éclatantes dans les âmes, c'est qu'il n'y trouve pas une assez grande union avec sa fidèle et indissoluble Épouse (n° 36). (…) Je ne crois pas qu'une personne puisse acquérir une union intime avec Notre-Seigneur et une parfaite fidélité au Saint-Esprit, sans une très grande union avec la Très Sainte Vierge et une grande dépendance de son secours » (n° 43).
Par sa grandeur et sa perfection en tout, elle ressemble au palmier ; et par les fruits de vie qu’elle porte, elle possède des attraits divins qui nous enflamment du désir d’atteindre les dons très précieux qui découlent d’elle et de respirer le parfum du ciel qu’elle exhale (Cant., 7, 7-9).
Elle est le germe juste de David (Jér., 23, 5), et le gracieux Bourgeon de la tige de Jessé, d’où est sortie la Fleur de toute beauté en laquelle repose la plénitude de l’Esprit Divin (Is., 11, 1-3). C’est donc vers Elle qu’il faut se tourner pour obtenir les charismes, les dons et les fruits de ce doux Consolateur ; car « tous ceux qui aspirent à recevoir la grâce et la communication du Saint-Esprit, affirme saint Bonaventure (In Spec., c. 6), doivent chercher la Fleur dans son Bourgeon » ; en vain la chercheraient-ils ailleurs. — Et si la Fleur, en raison de sa Divinité, nous semble excessivement haute, ce tendre Bourgeon sur lequel elle repose, comme le faisait déjà remarquer saint Jérôme, se plie facilement à nos supplications et la met à notre portée.
Si donc nous ne parvenons jamais à posséder cette Fleur si précieuse et à jouir de ses charmes divins, ne rejetons la faute que sur notre manque de diligence à la chercher en Marie et par Marie.
« Une raison pourquoi si peu d’âmes arrivent à la plénitude de l'âge de Jésus-Christ, ajoute le Bienheureux Grignion de Montfort, c'est que Marie, qui est, autant que jamais, la Mère de Jésus-Christ et l'Épouse féconde du Saint-Esprit, n'est pas assez formée dans leurs coeurs. Qui veut avoir (…) le fruit de vie, Jésus-Christ, doit avoir l'arbre de vie, qui est Marie. Qui veut avoir en soi l'opération du Saint-Esprit, doit avoir son Épouse fidèle et indissoluble, la divine Marie, qui le rend fertile et fécond, comme nous avons dit ailleurs » (Traité de la vraie dévotion, n° 164). « Plus vous regarderez Marie en vos oraisons, contemplations, actions et souffrances, (…) du moins d'une vue générale et imperceptible, et plus parfaitement vous trouverez Jésus-Christ qui est toujours avec Marie, grand, puissant, opérant et incompréhensible » (Loc. cit., n° 165).
Elle est la vigne choisie du Seigneur, qui n’a jamais donné de fruit amer, et où l’on produit le vin qui engendre des vierges (Zach. 9, 17). C’est « en Elle et par Elle », que l’on entre dans le cellier mystique où règne la charité (Cant. 2, 4). C'est Marie seule, ajoute le Bienheureux Grignion, à qui Dieu a donné les clefs des celliers du divin amour, et le pouvoir d'entrer dans les voies les plus sublimes et les plus secrètes de la perfection, et d'y faire entrer les autres » (Loc. cit., n° 45).
ARINTERIANA
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Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
« Vous qui êtes ici, dites un Pater à mon profit.
Pour moi ferez beaucoup et vous n’y perdrez mie. »
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