UNE RENCONTRE SAINTE (1) : Le PÈRE ARINTERO
ET LA VÉNÉRABLE MARÍA DE JESÚS SACRAMENTADO (1888-1960)
Présentons le contexte de cette rencontre avant de laisser à Mère Maria Magdalena elle-même, dans les pages qui suivent, le soin de la raconter.
Mère Maria Magdalena de Jésus Sacramentado - dans le monde : Maria Giuseppina Teresa Marcucci - est née le 24 avril 1888 à à San Gemigliano Moriano, dans la province de Lucques (Italie), au milieu d'une famille aisée, très chrétienne. C'est dans cette même région qu'était née, en 1878, sainte Gemma Galgani (1878-1903, photo ci-dessous), laquelle eut une profonde influence spirituelle sur elle. La Mère Maria Magdalena eut d'ailleurs les mêmes directeurs spirituels que cette dernière : le P. Germain de Saint-Stanislas (1850-1909), lui aussi passionniste (1), et Mgr Volpi (1860-1931), qui fut évêque évêque d’Arezzo.
Mère Maria Magdalena raconte elle-même ce que furent ses premières années, notamment (2) dans une lettre qu'elle écrivit au P. Arintero, sur sa demande, le 7 février 1922 (3). Elle y parle de sa "conversion", à l'âge de 13 ans, et elle ajoute, à propos de ces années d'enfance : « avant ma naissance, Maman m’avait offerte et consacrée à la Très Sainte Vierge. Grâce à cela je dois à cette Mère du Ciel d'être retournée au bercail. Tout ce qui peut se faire de mal à cet âge, je l'ai fait. Je ne recherchais que jeux, espiègleries, distractions mondaines. Mes deux grandes soeurs et maman, très chrétiennes, me retenaient. Mais parfois j'obtenais ce que je voulais, par des mensonges, des tricheries et des ruses.
« Le Seigneur m'avait donné une intelligence précoce, que j'employais pour le mal. D'un naturel ardent et fougueux, plus masculin que féminin, je ne laissais aucune tranquillité partout où j’allais. » Son « premier appel », indique-t-elle, eut lieu le jour de sa première communion, à l’âge de 9 ans. Elle s'empresse cependant d'ajouter : « mais je ne l'ai pas su », bien qu'elle ait ressenti alors l'impression d'être « assujétie à une personne qui avait beaucoup de force ». Elle resta alors là, à attendre, sans savoir encore ce qu'était une action de grâce.
C'est le lundi de Pâques, 30 mars 1902, qui marqua un tournant décisif dans sa vie.
Alors, qu'elle avait l'habitude de se sauver à peine la messe terminée, elle vit deux enfants de son âge se préparer à faire le chemin de croix. Comme « poussée par une force invisible », elle alla les rejoindre, et en regardant les stations, dont elle connaissait à peine la signification, elle sentit s'accomplir en son âme ce qu’elle appelle une « transformation inexplicable ».
« Après avoir terminé - explique t-elle - je n'étais plus celle d'avant ; l'heure de la grâce était arrivée et avait triomphé ». Sa vie changea alors en effet, plus sérieuse, plus obéissante. Comme toujours, cette conversion se traduisit par un recours plus fidèle aux sacrements. Maria se confessait chaque semaine, et elle communia bientôt chaque jour, se livrant par ailleurs à des oeuvres de miséricorde. Son désir de devenir religieuse naquit bientôt. Vers l'âge de 15 ans, elle entendit une voix - qu'elle dit être celle de son Ange gardien - l'invitant à laisser ses amies « car Dieu a sur toi d'autres desseins ».
En 1905, à l’âge de 17 ans, elle fit voeu de chasteté et porta un silice, avec l'autorisation de son confesseur. « Je crois que cela plut à Jésus, écrit-elle, car il m'en récompensa par des profusions de grâces (...) Jésus me fit sentir qu’il était, Lui, l'amour après lequel soupirait mon coeur ».
C'est à peu près à cette époque qu'elle rencontra le P. Germain de Saint-Stanislas [photo ci-dessus], dont nous avons déjà dit qu’il fut le confesseur de sainte Gemma Galgani. La première fois qu’il la vit, il lui dit : « Voici la Madeleine passioniste (...) Je te jure devant Dieu que tu seras religieuse Passioniste. Le ciel et la terre passeront mais les paroles de Dieu s'accompliront ».
Le 10 juin 1906, en effet, elle entra au couvent des Passionistes de Lucques, récemment fondé par sainte Gemma Galgani - elle fut l’une des premières novices de ce couvent - et où elle eut une sainte supérieure, Mère Marie-Josèphe du Sacré-Coeur - dont elle écrivit plus tard une vie en espagnol (4). Elle prit l'habit le 27 juin 1907.
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(1) À son sujet, sainte Gemma Galgani écrivit à Mgr Volpi : « J’ai dit une prière spéciale à Jésus dans le Sacrement... Je me suis sentie recueillie intérieurement et je suis immédiatement entrée en extase. Je me suis vue devant Jésus, mais Il n’était pas seul. Il avait avec Lui un homme aux cheveux blancs ; par son habit, je savais qu’il était un père Passioniste ; il avait ses mains jointes et il priait avec ferveur. Je l’ai regardé et Jésus a dit ces mots-ci, “Fille, tu le connais ?” J’ai dit que non, ce qui était vrai. “Vois ”, a-t-il ajouté, « ce prêtre sera ton directeur, et il sera celui qui va reconnaître en toi les infinis travaux de Ma Miséricorde. »
(2) On se reportera à son autobiographie, qu'elle acheva en 1955 : Apóstol del Amor. Autobiografía de Jesús Pastor (M. Maria Magdalena de Jesús Sacramentado, C. P.), preparada por el P. Arturo Alonso Lobo, O.P., Ed. Anaya, Salamanca 1971 ; Apostola dell'amore, Autobiografia di Jesùs Pastor, ovvero di Maria Maddalena Marcucci Passionista, Libreria Editrice Vaticana 2001. Cette autobiographie peut être lue en ligne (en italien) sur le site madremaddalena. M. Magdalena l'a dédiée à Jésus, à Marie et au Père Arntero. Elle commence ainsi son récit : « Je suis née pour aimer Dieu et pour le faire aimer. (...) Je suis, en effet, le fruit de la bonté divine et le fruit de son amour. C'est pourquoi il m'a donné un cœur très ardent, capable de l'aimer beaucoup ; et pour que je le serve en le faisant aimer, il m'a naturellement donné des grâces spéciales grâce auxquelles j'attire les gens vers moi, je me fais aimer d'eux et je les amène ensuite à son amour ».
(3) Cette lettre figure dans l’ouvrage Hacia las cumbres de la union con Dios, Salamanca 1985, sous la direction du P. Arturo Alonso Lobo.
(4) Una amiga de santa Gemma, Ed. San Pablo, Madrid 1958.
ARINTERIANA
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Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
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