L'INFLUENCE DE MARIE DANS LA SANCTIFICATION DES ÂMES (7)
Cependant, bien qu’elle soit sur toute la terre, et qu’elle cherche partout où se reposer, elle ne demeure que dans les cœurs purs et humbles, qui sont l’héritage du Seigneur, et par sa puissance merveilleuse, elle piétine et confond ceux des orgueilleux (ib., 9-11).
En poursuivant ou en chassant les ennemis, en cherchant les pécheurs égarés qui dorment du sommeil de la mort ou de la négligence et de la tiédeur, et en souhaitant consoler ses fidèles dévots qui, au milieu des ténèbres et des désolations l’invoquent avec une grande confiance, Elle ajoute (ib., 45) : « Je pénétrerai dans toutes les parties inférieures de la terre, et je regarderai tous ceux qui dorment (pour voir s’ils veulent enfin se réveiller et écouter mes appels) et j’illuminerai tous ceux qui espèrent dans le Seigneur ».
À cette fin, Elle apparut comme un signe grand et merveilleux dans le ciel, afin que tous puissent la voir et espérer avec confiance, en voyant une telle merveille divine, le salut et la sanctification, à condition qu’ils ne s’obstinent pas à résister à la lumière et à mépriser ses invitations aimantes. « Marie est apparue comme un signe dans le ciel - dit le frère Joseph de Saint Benoît (Loc. cit., nn. 8-9). Ce signe fut établi entre Dieu et nous pour notre sanctification venant de Dieu lui-même ; c’est pourquoi il dit (Ex., 31,13) : “C’est un signe entre moi et vous, à travers vos générations, afin que vous sachiez que je suis le Seigneur, qui vous sanctifie”. Dieu disait cela de manière voilée, voulant par Elle sanctifier toutes choses dans le ciel et sur la terre. Ô grand signe, tellement admirable ! Signe qui plonge dans la profondeur des enfers, et qui s’élève dans les hauteurs ! »
Afin que tous sachent où et comment ils pourront, en toute sécurité, la trouver et jouir de ses faveurs les plus remarquables, elle nous dit à haute voix (Prov., 8, 17, 21, 32-36) :« J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui se lèvent de bon matin pour me chercher me trouveront. Chez moi se trouvent les richesses et la gloire, l’opulence et la justice. (…) Sur le chemin de la justice je m’avance, sur le sentier du droit. Je donne un bel héritage à ceux qui m’aiment, je remplis leurs trésors. (…) Et maintenant, fils, écoutez-moi. Heureux ceux qui gardent mes chemins ! Écoutez l’instruction et devenez sages, ne la négligez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille à ma porte jour après jour, qui monte la garde devant chez moi. Qui me trouve a trouvé la vie, c’est une bienveillance du Seigneur. Qui m’offense se fait tort à lui-même : me haïr, c’est aimer la mort ! »
Afin que tous sachent où et comment ils pourront, en toute sécurité, la trouver et jouir de ses faveurs les plus remarquables, elle nous dit à haute voix (Prov., 8, 17, 21, 32-36) :« J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui se lèvent de bon matin pour me chercher me trouveront. Chez moi se trouvent les richesses et la gloire, l’opulence et la justice. (…) Sur le chemin de la justice je m’avance, sur le sentier du droit. Je donne un bel héritage à ceux qui m’aiment, je remplis leurs trésors. (…) Et maintenant, fils, écoutez-moi. Heureux ceux qui gardent mes chemins ! Écoutez l’instruction et devenez sages, ne la négligez pas. Heureux l’homme qui m’écoute, qui veille à ma porte jour après jour, qui monte la garde devant chez moi. Qui me trouve a trouvé la vie, c’est une bienveillance du Seigneur. Qui m’offense se fait tort à lui-même : me haïr, c’est aimer la mort ! »
Il n’y a, en effet, pas d’autre moyen de trouver le salut, la vie et les trésors de la grâce, que de recourir à cette Médiatrice universelle instituée par le Très-Haut, à cette porte du Seigneur, par laquelle tous les justes doivent entrer (Ps., 117, 20). Car, comme le fait remarquer le frère Joseph mentionné plus haut (op. cit., n. 15) : « Par Marie, Mère de sa Sagesse incarnée, et par cette même Sagesse incarnée de Marie, (…) Dieu a voulu remplir de trésors toutes choses au ciel et sur la terre, pour la justification et la glorification de tous ses élus. En effet, c’est pour cette Sagesse incarnée et pour sa Mère que Dieu a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et sans elles il n’aurait jamais décidé de rien faire ni de rien choisir. Telle est la très stricte vérité ».
Ce qu'elle a appris de Jésus, observe Mgr Gay, ce qu'elle en a donné (…) aux hommes, (…) on ne le saura qu'en paradis. Sa place, sa fonction, son action dans le Christianisme ; sa part dans l'Évangile prêché, sa part dans l'Évangile écrit ; et depuis et toujours son ministère dans toute l'Église : ministère de médiation, d'intercession, de protection, d'illumination, de direction, de sanctification ; ministère de Mère enfin, de Mère de Dieu, de mère des hommes, nous ayant tous enfantés dans l'angoisse et nous ayant aimés à ce point que, pour nous réconcilier à Dieu et nous sauver, elle a, comme lui, donné son Fils, c'est quelque chose d'ineffable et qui dépasse toute conception créée. Quel attrait que Marie pour faire venir au Christ ! Quel charme pour attacher au Christ et faire rester en lui ! Comme elle va loin, comme elle nous cherche, comme elle nous gagne, comme elle nous prend, comme elle nous porte, nous enveloppe et nous garde ! (…) Que Jésus est donc suave en elle, et par là même qu'il y est puissant ! Que son amour pour nous prend dans cette femme incomparable de nuances exquises et d'aspects ravissants ! » (1)
Il n’est pas étonnant que tous d’une seule voix l’admirent et la louent en la voyant avancer comme l’aurore naissante, belle comme la lune et brillante comme le soleil (Cant., 6, 10), chassant les ténèbres et préparant dans tous les cœurs les chemins du Soleil de justice, à commencer par le Précurseur lui-même, chargé de les préparer officiellement.
Telle la lune en sa beauté, elle nous éclaire et nous console quand il le faut selon le plan divin, au milieu de nos nuits sombres, présentant toujours la phase correspondante afin que, chaque mois spirituel, l’arbre de vie, c’est-à-dire l’âme fidèle, puisse porter le fruit qui lui revient (Apoc., 2, 2). Parfois, Elle se retire aussi, afin que l’âme, dans l’obscurité totale, subisse l’une des épreuves les plus douloureuses et, apprenant à espérer contre toute espérance, mérite enfin de la voir réapparaître avec plus de charmes encore, comme une lune nouvelle, comme une lune croissante, et enfin comme une pleine lune semblant transformer les nuits en plein jour. — Ainsi est-elle apparue, choisie, pure et rayonnante comme le Soleil, si revêtue de Lui, couronnée de douze étoiles et la lune sous ses pieds, qu’elle semblait presque se confondre avec le Soleil divin lui-même.
En tant que Mère spirituelle de tous les enfants de Dieu, « Mère de la grâce et de la miséricorde », « du bel amour et de la sainte crainte, de la véritable connaissance (c’est-à-dire de la foi vive éclairée par les dons de science et d’intelligence) et de la sainte espérance », Marie contribue d’une certaine manière à insuffler et à répandre chez les fidèles, et même dans toute l’Église, la vie divine qui fait de nous, par participation, de véritables enfants de Dieu, et donc des dieux, et avec elle, les trois sublimes vertus théologales qui nous unissent à Dieu lui-même, ainsi que les sept dons mystiques — déjà résumés dans celui de crainte, « commencement de la sagesse » —, qui nous rendent capables de suivre en tout les motions de l’Esprit Saint et d’agir ainsi d’une manière surhumaine et divine, en tant que véritables et fidèles enfants du Très-Haut (Rom., 8, 14). C’est pourquoi Elle peut dire qu’Elle nous forme dans le Christ et qu’elle forme le Christ en nous (Gal., 4, 19). De la sorte, Elle nous fait être une seule chose en Lui, non seulement par l’unité de la foi — en laquelle entrent les bons et les mauvais —, mais aussi par la consommation de la charité, qui fait d’Elle, de manière tout à fait singulière, la Mère des âmes spirituelles, des disciples bien-aimés, de ceux qui vivent et agissent possédés et animés par l’Esprit divin. Et c’est là, dans cette plénitude sainte, qu’Elle est le plus connue et admirée, car c’est là qu’Elle montre le mieux ce qu’Elle est et ce qu’Elle peut dans le Saint-Esprit, ainsi que le pouvoir mystérieux qu’Elle a de le communiquer.
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(1) Mgr Ch. Gay, Élévations sur la vie et la doctrine de notre Seigneur Jésus-Christ, tome 1, 1879, 33e élévation, p. 311 (version originale).
ARINTERIANA
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Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
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