TÉMOIGNAGES
SUR
LE PÈRE
JUAN G. ARINTERO
BIENHEUREUX JOSÉ GAFO (1881-1936)
Martyr
Après avoir pris l'habit dominicain au couvent de Corias à l'âge de 15 ans, tout comme le P. Arintero et tant d'autres, il consacra toute sa vie à l'étude des sciences sociales et œuvra ardemment pour la défense des ouvriers, notamment dans le cadre du syndicalisme d'inspiration catholique et carliste et d'un engagement politique important. Le 4 octobre 1936, il fut martyrisé par une milice républicaine, avec d'autres prêtres, après avoir été sauvagement torturé. Il a été béatifié le 28 octobre 2007 par le pape Benoît XVI, avec 497 autres martyrs espagnols morts en 1934, 1936 et 1937. Cf. "Petite Feuille" n° 10. Le texte qui suit est la nécrologie que le P. Gafo écrivit dans la revue La Ciencia Tomista en 1928.
« C'est avec la douleur vive du fils, du disciple et de l'ami de l’âme que nous écrivons ces lignes pour annoncer le décès du très révérend P. Maître Fr. Juan González Arintero, survenue dans le glorieux couvent de San Esteban de Salamanca, le 20 du mois courant [février 1928], à une heure de l'après-midi, après une maladie courte mais pénible, supportée avec la résignation d'un homme saint.
L'Ordre dominicain et toute l'Espagne pleureront longtemps la perte d'un homme sage, bon et travailleur comme peu d’autres, dont la vie très simple était consacrée exclusivement et avec l'obsession du mystique à la recherche scientifique, à l’enseignement universitaire, à l'usage infatigable de la plume et à l'édification des âmes. Nous sommes certain que toute l'Église d'Espagne et de très nombreux cercles d'âmes qui buvaient les eaux pures de sa doctrine sublime à la fontaine d'or de son immense savoir et de sa vertu éprouvée et communicative se joignent à cette douleur.
Nous pourrions le comparer à Fray Francisco de Vitoria dans la force germinale de ses enseignements. Tous deux ont fondé des écoles restauratrices, à des époques très similaires de l'Histoire de l'Espagne ; le premier a restauré la Théologie pour lui donner la splendeur qu'elle a atteinte au XVIe siècle ; le second a restauré la mystique, c'est-à-dire la religion et la vie intérieure, en mesurant sagement ses excellences, en recherchant ses voies et en démontrant la nécessité et l'accessibilité à tous, absolument tous les fidèles, de ces états supérieurs de l’esprit, bien qu’ils soient trop divertis et tranquillisés par le caractère routinier d'une vie excessivement mécanique et extérieure.
C'est pourquoi le P. Arintero, passant comme soudainement des problèmes controversés posés par les Sciences naturelles, très en vogue à ses débuts d'écrivain, à ceux de l'Apologétique puis, suivant l'élan ascendant de son esprit, à ceux de la Mystique, sous ses divers aspects, était un homme à l'esprit profondément social. Il ressentait les problèmes sociaux dans toute leur intensité, même s'il ne les a pas abordés dans ses écrits. Cette phrase de saint Thomas, reprise par Léon XIII au fondement de ses grandes orientations sociales, selon laquelle pour pratiquer la vertu, il est indispensable à l'homme d'avoir un certain bien-être matériel ou économique, résonnait dans son âme d’apôtre, l'ouvrant en grand pour embrasser les foules qui souffrent et bénir et approuver leurs justes aspirations à une vie plus satisfaisante et plus tranquille, susceptible de donner à chaque homme le temps de se consacrer à Dieu et d'élever son esprit pour jouir de ses dons : misereor super turbam, répétait-il avec le Divin Maître.
C'est pourquoi, dans l'intimité de cette âme très lumineuse, éclairé par sa doctrine et réconforté par sa parole, l’on pouvait observer tranquillement, comme dans la sécurité d’un port, les bourrasques et les tempêtes de paroles et de gesticulations qui s’élevaient autour de certains problèmes d'organisation ouvrière d’un passé qui n’est pas encore très éloigné.
Le P. Gafo, O. P.
Le Père Arintero a également été qualifié d'innovateur, de révolutionnaire, presque d'hérétique, lorsqu'amoureux de l'idée d'évolution, il a voulu la christianiser, si l'on peut dire, pour l'utiliser dans la défense et l'enrichissement de la doctrine catholique dans ses conflits apparents avec les sciences naturelles, et lorsqu'il a voulu plus tard appliquer le même système à la doctrine et à la vie mystiques.
Il a également suscité des controverses et des polémiques bruyantes ; mais le père Arintero, au fil des ans, en publiant des livres et des articles dans cette revue et dans d'autres, d'une grande richesse et d'une grande érudition, a finalement triomphé intus et extra. Il laisse derrière lui une École et de très nombreux disciples dans les chaires d’enseignement, dans la prédication, dans les confessionnaux et la presse, ainsi que dans la revue La Vida Sobrenatural, dans laquelle revit l'esprit et la fécondité créatrice et substantielle de sainte Thérèse de Jésus. Que ce courageux soldat du Christ repose en paix dans le sein de Dieu. Quel exemple si complet, si digne d'être imité pour un prêtre, pour un dominicain de notre temps !
(...) Que ce saint et sage dominicain repose en paix. »
ARINTERIANA
Paris - France | 2026 | Tous droits réservés
Exposition en langue française de la vie et des œuvres du Père Juan González Arintero (1860-1928), restaurateur de la théologie mystique en Espagne, grand directeur d'âmes et apôtre de l'Amour Miséricordieux.
« Vous qui êtes ici, dites un Pater à mon profit.
Pour moi ferez beaucoup et vous n’y perdrez mie. »
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